Les entreprises au coeur de l'ecologie

Eric Zehrung, Australien. En favorisant le "solaire passif", Green Point Design, son cabinet d'architecture, aide les australiens à réduire leur impact quotidien sur l'environnement.

L'architecture verte

A peine la rencontre avec le fondateur de la permaculture terminée, nous partons pour rencontrer Eric Zehrung un architecte vert dont les règles de construction suivent tout à fait les principes de la permaculture : utiliser au mieux la Nature et son environnement pour construire des maisons.

Eric a ouvert son cabinet « Green Point Design » en 1998 dans les environs de Melbourne. Seul architecte du cabinet, il travaille avec des consultants extérieurs pour la réalisation des travaux et avec sa femme Sue, qui est décoratrice d’intérieur. Tous deux ont choisi de partager le même bureau au sein de leur résidence afin d’éviter de longs transports.

Eric n’est pas un architecte comme les autres : il applique les principes d’une architecture verte, soucieuse du respect de l’environnement et des économies d’énergie. Il choisit également des matériaux non polluants.
La « maison » est certes l’un des postes de pollution et de dépense d’énergie les plus importants dans notre vie quotidienne mais la rencontre avec Eric Zehrung nous montre que pourtant, nous pouvons construire plus vert.

Eric attache particulièrement d’importance à l’énergie solaire passive. Une maison peut en effet être chauffée sans installations solaires particulières, surtout en Australie. Il faut qu’elle ait de nombreuses fenêtres orientées vers le soleil en hiver, mais que le soleil n’entre pas directement dans la maison en été. Pour cela il utilise une ingénieuse maquette qui montre d’où viennent les rayons du soleil en été comme en hiver. Afin de conserver cette chaleur, des stratégies de rétention de la chaleur existent telles que l’utilisation de matériaux lourds comme la terre ou l’eau pour garder la chaleur une fois la nuit tombée, ou encore des systèmes d’isolation du toit ou de double vitrage. Installer un système de récupération des eaux à triple niveau lui semble aussi très important : l’eau de la douche est utilisée pour la machine à laver puis pour l’arrosage du jardin. Cette réutilisation intelligente de l’eau oblige ses propriétaires à n’utiliser que des produits respectueux de l’environnement, et il insiste sur le fait qu’avec des réservoirs, nous pouvons chacun sauver des centaines de litres d’eau par an, ce qui est très important notamment pour l’Australie qui souffre de sécheresse.

Parmi les nombreuses actions à réaliser, les matériaux utilisés sont choisis avec soin afin de privilégier au maximum des produits locaux et réduire leur transport. Eric cherche également à utiliser des matériaux sans produits chimiques polluants, privilégiant des matériaux naturels. La recherche d’informations est

Eric Zehrung pour l'architecture verte

un aspect délicat mais essentiel dans son travail, car la composition de ces produits n’est pas toujours facile à obtenir. C’est l’une des principales difficultés de sa profession. Eric se fie alors à son instinct et surtout à une règle d’or : « en entrant dans une maison, si cela « sent » la peinture, le matériau utilisé est probablement chimique ». D’après lui lorsque l’on veut construire sa maison, il faut se fier à ses sens, « sentir et goûter ». Après avoir lu la composition d’une peinture, auriez-vous toujours envie de la porter à votre bouche ? Ce morceau de bois, pourriez-vous le croquer ? Et c’est l’une des raisons pour laquelle Eric aime tant son métier : il est très intuitif.

L’architecture verte c’est comme le camping

Pour lui, on peut comparer l’architecture verte au camping : lorsque vous plantez votre tente, vous cherchez à la placer à un endroit abrité, exposé au soleil, loin de toutes pollutions. Il faut donc « comprendre » l’endroit où l’on veut vivre.

Tous les principes de l’architecture verte semblent être du bon sens ? Pourtant Eric est l’un des rares architectes de Melbourne et même d’Australie à proposer une telle conception de l’architecture. Il a du mal à trouver une explication à ce manque car, nous assure-t-il, la clientèle est nombreuse. Peut-être est-ce dû au fait que l’Australie est un « petit pays » avec ses vingt millions d’habitants. Beaucoup de recherches et d’innovations en matière d’architecture verte viennent d’Europe ou des Etats-Unis et il est parfois dur de trouver des informations en Australie.
Etant l’un des seuls architectes à proposer une analyse environnementale en Australie, Eric refuse souvent des projets, n’ayant pas assez de temps pour les suivre.


GreenPointDesign en bref


Métier

Architecte


Spécificité

Eric Zehrung est passioné par l'environnement. Toujours à la recherche de nouvelles idées il semble incollable...


Pourquoi Eric Zehrung est "Coeur Vert" ?.

Le batiment, et les lieux où nous vivont sont parmi les postes les plus polluants de notre vie quotidienne. Par son action, Eric réduit considérable l'impact des personnes vivant dans ses maisons.


Où le contacter ?

Le site de green point design

Un projet dure en moyenne une année et demi et Eric en suit entre 6 à 10 par an. Il construit des maisons neuves, mais aime aussi en rénover afin de les rendre plus « vertes » en ajoutant par exemple une serre afin de modérer les températures de cette maison. Ce sont souvent les projets qui représentent le plus de défi. Utiliser des anciens matériaux est aussi l’un des ses « dada » même si, prévient-il, il faut être très prudent car, par exemple, le bois ancien peut être recouvert de vernis chimique très nocif.

Ce n’est pas parce que c’est ancien que c’est forcément bon pour l’environnement

Les clients de Green Point Design choisissent majoritairement ce cabinet pour l’analyse environnementale qu’il apporte. Ils sont à 50% urbains et à 50% ruraux et n’appartiennent pas tous à la classe aisée de la population. Eric accepte en effet toute sorte de projet du moment que architecte et client arrivent à communiquer. Tous les clients de Green Point Design sont sensibilisés aux questions environnementales mais parmi eux il y a « des verts clairs, des verts soutenus et des verts foncés ». « Je ne cherche pas à pousser mes clients afin que leur maison soit la plus verte possible. Je suis beaucoup à leur écoute, je leur propose des solutions et nous réalisons ce qu’ils ont envie de faire. » Afin de mettre ses clients à l’aise, Eric a instauré un système de prix assez ingénieux : il est payé au pourcentage des travaux réalisés jusqu’à un certain point. Au-delà de cette barre, son prix est fixe. Ainsi, si un client décide finalement d’installer des panneaux solaires ou bien un système de récupération d’eau, la commission d’Eric n’en sera pas augmentée. Le client peut donc se fier aux conseils d’Eric.

On construit encore trop grand

Après avoir passé une après-midi en compagnie d’Eric, nous comprenons à quel point il est passionné par l’architecture et par l’environnement. Il se régale dans son métier et quand on lui demande quel est le projet qu’il a préféré suivre, il répond « le suivant ». Egalement grand connaisseur des questions environnementales, il est assez critique sur sa profession et sur les législations en cours. Ainsi, d’après lui, on cherche encore à construire trop grand. N’oublions pas, dit-il, qu’une grande maison « écolo » aura toujours plus d’empreinte sur l’environnement qu’une petite maison. Si les législations en cours en Australie ont évolué, elles n’imposent que des normes environnementales très faibles, bien en deçà des projets à mettre en œuvre. Si les autorités publiques élevaient ces normes, de nombreux cabinets d’architecture verte verraient le jour. Eric en serait ravi car il espère vivement « ne plus être un architecte à part ». Tout le monde aurait à y gagner !…

 

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Une vidéo pour en savoir plus :

Quelques photos pour illustrer l'article :




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